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Covoiturage 04Covoiturage et mobilité dans le 04

La prime covoiturage pour les conducteurs, qui y avait droit et quelles aides la remplacent

La prime covoiturage pour les conducteurs, qui y avait droit et quelles aides la remplacent

La prime covoiturage est une aide de 100 € versée par les plateformes aux conducteurs qui réalisaient leur premier trajet partagé de courte distance, dans le cadre du plan national lancé le 1er janvier 2023. Financée par les certificats d'économies d'énergie, elle a été versée en deux fois. Le ministère de la Transition écologique indique sa fin au 1er janvier 2025.

100 € par conducteur, versés en deux parties

  • Montant : 100 € par conducteur, une seule fois, versés en deux parties (25 € puis 75 €).
  • Condition clé : un premier covoiturage de courte distance enregistré au registre de preuve de covoiturage.
  • Après la fin de la prime nationale, le forfait mobilités durables et les incitations locales restent les leviers à vérifier.

Qu'est-ce que la prime covoiturage ?

La prime covoiturage, souvent appelée « Coup de pouce covoiturage », est une incitation financière créée par l'État pour pousser les automobilistes à partager leur voiture sur les trajets du quotidien. Elle ne récompensait pas le passager mais le conducteur, parce que c'est lui qui ouvre des places et rend le service possible. L'idée du gouvernement tenait en un constat : sur les trajets domicile travail, la plupart des voitures circulent avec une seule personne à bord, et le covoiturage de courte distance restait marginal malgré les applications disponibles.

Le dispositif s'inscrivait dans le plan covoiturage du quotidien présenté fin 2022, avec un objectif affiché de trois millions de trajets partagés par jour en France à l'horizon 2027, contre environ 900 000 au moment de son lancement selon le ministère. La prime n'était pas payée par l'administration elle-même : elle était financée par les certificats d'économies d'énergie (CEE), un mécanisme qui oblige les fournisseurs d'énergie à financer des actions d'économie de carburant ou d'électricité. Les plateformes de covoiturage partenaires versaient ensuite l'argent au conducteur, directement sur son compte.

Pour l'usager, la prime covoiturage se présentait donc comme un bonus d'inscription attaché à une application : on s'inscrit, on publie un trajet, un passager réserve, le trajet est réalisé et enregistré, puis la plateforme déclenche le versement. Ce fonctionnement explique pourquoi la prime ne pouvait être perçue qu'une seule fois par personne, quel que soit le nombre de services de covoiturage utilisés.

Il suffisait de s'inscrire une fois : s'inscrire sur une deuxième application n'ouvrait aucun droit supplémentaire. Le site ecologie.gouv.fr publiait le guide des modalités, et chaque opérateur précisait dans ses paramètres de compte le délai de versement, qui pouvait varier en fonction du service choisi.

Comment bénéficier de la prime covoiturage ?

Pour bénéficier de la prime, il fallait passer par une plateforme de covoiturage inscrite au registre de preuve de covoiturage (RPC), l'outil public qui certifie qu'un trajet partagé a bien eu lieu. Les principaux opérateurs du covoiturage courte distance y figuraient, dont BlaBlaCar Daily et Karos, ainsi que des services locaux portés par des collectivités. La démarche se faisait entièrement dans l'application : aucune demande de prime n'était à déposer auprès d'un service public.

  1. Créer un compte conducteur sur une application éligible, avec un permis de conduire valide.
  2. Publier un trajet de courte distance, typiquement un déplacement domicile travail.
  3. Réaliser ce premier trajet avec au moins un passager, la mise en relation étant faite par la plateforme.
  4. Laisser la plateforme transmettre la preuve de covoiturage au registre, ce qui déclenche le premier versement.
  5. Poursuivre jusqu'au dixième trajet dans les trois mois pour recevoir le solde.

Un point revenait souvent dans les FAQ des opérateurs : la prime ne se cumulait pas d'une application à l'autre. Une fois la première partie touchée sur un service, le reste ne pouvait être obtenu qu'en continuant de covoiturer sur ce même service. Karos le rappelait dans sa page d'information, en précisant que seuls les trajets effectués à partir du 1er janvier 2023 étaient pris en compte.

Et pour un conducteur des Alpes-de-Haute-Provence ?

Le dispositif était national : un conducteur de Manosque, de Digne-les-Bains ou de Sisteron y avait droit aux mêmes conditions qu'un Lyonnais. La difficulté, dans un territoire rural, tenait plutôt au nombre de passagers disponibles sur les applications. Réaliser dix trajets en trois mois demande un flux régulier, plus facile à trouver sur l'axe Manosque et Aix-Marseille que dans une vallée de montagne. Les conducteurs qui partent des aires de covoiturage aménagées dans le 04 trouvaient en général plus vite un premier passager.

Quels sont les montants de la prime ?

Le montant de la prime covoiturage était de 100 euros par conducteur. La somme était versée en deux temps pour récompenser la régularité plutôt qu'un essai isolé :

  • 25 euros au minimum après le premier covoiturage réalisé ;
  • 75 euros une fois le dixième trajet effectué, à condition qu'il le soit dans les trois mois suivant le premier.

Certaines plateformes ont ajouté leurs propres bonus, par exemple pour les passagers, mais ces offres commerciales relevaient de chaque entreprise et non de l'aide publique. Un volet longue distance a aussi existé à partir de 2023, pour les trajets de plus de 80 km réservés sur les plateformes partenaires, avec un montant plus faible et des conditions propres à chaque opérateur : il faut se reporter aux conditions publiées à l'époque par le service utilisé.

AideQui la verseMontantStatut
Prime covoiturage courte distancePlateformes, financée par les CEE100 € (25 € puis 75 €)Fin annoncée au 1er janvier 2025
Forfait mobilités durables (salariés du privé)Employeur, à titre facultatifExonéré jusqu'à 600 € par an (900 € avec l'abonnement de transport)En vigueur
Forfait mobilités durables (fonction publique)Administration employeuseMontant fixé par décret, sous condition de joursEn vigueur
Incitations locales par trajetCollectivités, autorités de mobilitéVariable selon le territoireÀ vérifier localement

Quelles sont les conditions d'éligibilité ?

Les conditions pour bénéficier de la prime covoiturage étaient simples mais strictes. Le conducteur devait :

  • être titulaire d'un permis de conduire valide et conduire un véhicule assuré ;
  • ne jamais avoir réalisé de covoiturage de courte distance enregistré sur une plateforme au cours des trois années précédant son premier trajet éligible, les conducteurs déjà actifs étant exclus ;
  • effectuer un trajet de moins de 80 km, ce qui correspond à la définition du covoiturage du quotidien retenue par l'État ;
  • passer par une plateforme reliée au registre de preuve, seule façon de certifier le trajet.

Le partage des frais devait rester dans le cadre légal : le covoiturage n'est pas une activité commerciale, et le conducteur ne peut demander à ses passagers qu'une participation aux frais de carburant, de péage et d'usure du véhicule. Au-delà, l'activité change de nature et d'assurance. Notre méthode pour calculer le prix d'un trajet partagé détaille ce barème. La prime, elle, n'entrait pas dans ce partage : elle s'ajoutait à la participation des passagers sans la remplacer.

Des précisions existaient pour les territoires d'outre-mer, où les conducteurs ayant déjà covoituré avant le 1er janvier 2023 pouvaient être éligibles, selon les informations publiées par les opérateurs. Pour la métropole, la règle du premier trajet s'appliquait sans exception.

Quand la prime covoiturage a-t-elle été supprimée ?

La fin de la prime est intervenue au 1er janvier 2025 pour le versement national de 100 €, d'après la page consacrée au covoiturage sur le site ecologie.gouv.fr, qui y consacre une rubrique intitulée « La fin de la prime de 100 € ». Le programme avait été prolongé une première fois, puis les financements CEE ont été réorientés. Les conducteurs inscrits avant cette date et ayant commencé leurs trajets ont en principe pu terminer leur cycle de dix covoiturages, mais aucun nouveau droit ne s'ouvre depuis.

Plusieurs articles en ligne continuent pourtant d'annoncer une « prime covoiturage 2026 » : il s'agit le plus souvent de pages non mises à jour, ou de bonus commerciaux propres à une application. Avant de compter sur un versement, le bon réflexe est de consulter la rubrique actualité du ministère et les conditions générales de la plateforme utilisée. Si une nouvelle aide nationale est mise en place, elle sera annoncée sur les sites gouv, pas seulement dans une publicité.

La fin de la prime ne signifie pas la fin du soutien au covoiturage. L'observatoire national du covoiturage au quotidien, tenu par le ministère à partir des données du registre, suit toujours l'évolution des trajets, et les collectivités continuent de financer des incitations sur leur territoire.

Quelles aides restent possibles pour covoiturer ?

Pour un conducteur ou un passager qui se déplace pour son travail, plusieurs dispositifs prennent le relais de la prime covoiturage. Ils ne se déclenchent pas tous de la même façon et dépendent souvent de l'employeur ou du territoire.

Le forfait mobilités durables

Le forfait mobilités durables (FMD), prévu par le code du travail, articles L3261-3-1 et suivants, permet à une entreprise de prendre en charge tout ou partie des frais de déplacement de ses salariés qui viennent travailler en covoiturage, que ce soit comme conducteur ou comme passager, à vélo, en trottinette ou avec d'autres services de mobilité partagée. Il est facultatif dans le secteur privé : l'employeur le met en place par accord ou par décision unilatérale. Cette somme bénéficie d'une exonération de cotisations sociales et d'impôt sur le revenu jusqu'à 600 € par an et par salarié, ou 900 € en cas de cumul avec la prise en charge de l'abonnement de transport public, ce qui en fait un avantage net pour le salarié.

Le FMD n'est pas une obligation pour l'employeur privé, mais une entreprise qui veut développer l'usage du covoiturage parmi ses équipes a intérêt à l'inscrire dans son plan de mobilité. L'exonération fiscale et l'exonération sociale s'appliquent directement sur la fiche de paie : le FMD concerne donc chaque personne qui s'engage, sans démarche supplémentaire auprès de l'administration. La question est également utile à poser lors d'une campagne interne ou d'une réunion du comité social : l'affichage du dispositif, le code du travail à l'appui, suffit souvent à lancer un usage collectif.

Dans la fonction publique, un forfait équivalent existe pour les agents qui utilisent le covoiturage un nombre minimal de jours dans l'année, avec un montant fixé par décret. Le détail du calcul, du cumul avec l'abonnement de transport public et des justificatifs figure dans notre page sur le forfait mobilités durables appliqué au covoiturage.

Les incitations des collectivités

Les autorités organisatrices de la mobilité, régions, agglomérations, communautés de communes, peuvent financer chaque trajet partagé réalisé sur leur territoire. Le principe est souvent le même : le passager voyage gratuitement ou pour un euro, et le conducteur reçoit une rémunération par passager transporté, versée par la plateforme partenaire. Ces programmes changent d'une année à l'autre et d'un territoire à l'autre. Dans les Alpes-de-Haute-Provence, il faut interroger la Région Sud, l'agglomération Durance-Luberon-Verdon ou Provence Alpes Agglomération pour connaître les offres en cours, plutôt que de se fier à une liste figée.

L'exonération liée au partage des frais

Les sommes reçues des passagers au titre du partage des frais ne sont pas imposables tant qu'elles ne dépassent pas le coût réel du trajet. Cette exonération fiscale, rappelée par l'administration, n'est pas une prime mais elle rend le covoiturage rentable sans formalité. C'est l'un des moyens les plus sûrs d'économiser sur le transport dans le 04, où la voiture reste souvent le seul mode de transport disponible.

Quels sont les avantages du covoiturage ?

Au-delà de la prime, le covoiturage présente des avantages durables pour le conducteur comme pour le passager. Le premier est financier : partager un trajet domicile travail de 30 km chaque jour divise par deux ou trois le budget carburant et péage du conducteur, sans compter l'usure du véhicule. L'Ademe, qui publie des outils de calcul de l'impact des déplacements, et les réseaux de mobilité locaux relaient cet argument ; l'Ademe rappelle aussi que la voiture électrique partagée réduit encore l'empreinte de chaque trajet. Le deuxième est environnemental : chaque voiture en moins réduit les émissions de gaz à effet de serre, alors que le transport routier reste le premier secteur émetteur en France selon les inventaires nationaux du ministère. Le troisième est social : dans un territoire où les transports en commun sont rares, une place libre dans une voiture ouvre l'accès à l'emploi, aux études ou aux soins pour ceux qui ne conduisent pas.

La pratique du covoiturage a aussi un effet sur les routes et l'espace public : moins de voitures sur les axes chargés aux heures de pointe, moins de besoin de stationnement près des lieux de travail. C'est l'argument qu'avancent les collectivités qui aménagent des aires de covoiturage et des voies réservées. Pour la transition écologique, le covoiturage a l'avantage de s'appuyer sur un parc de véhicules qui existe déjà, sans infrastructure lourde.

Enfin, covoiturer au quotidien crée une régularité qui rend le trajet plus prévisible : un équipage stable part à heure fixe, s'organise en cas d'absence et partage les imprévus. C'est ce qui fait durer une habitude au-delà de l'incitation de départ, et c'est précisément ce que la prime cherchait à amorcer. Le système ne créait pas l'habitude : il donnait une raison de s'inscrire, puis la relation de confiance entre conducteur et passager prenait le relais, avec la règle simple du partage des frais de carburant et de péage comme seule activité financière.

Covoiturer sans prime : ce qui fait tenir l'habitude

Les données du registre de preuve montrent que beaucoup de conducteurs attirés par le bonus ont cessé après le dixième trajet. Ceux qui continuent ont presque toujours trouvé un équilibre concret : un passager régulier, un horaire compatible, un point de rendez-vous simple. Cet article en tire quelques pistes pour s'inscrire dans la durée et garder l'habitude dans le 04 :

  • publier ses trajets à l'avance et à heure fixe, pour que les passagers puissent s'organiser ;
  • choisir une aire de covoiturage ou un parking relais connu plutôt qu'une adresse privée ;
  • proposer un tarif cohérent avec le barème, ni trop bas ni au-dessus du partage des frais ;
  • demander à son entreprise si elle a mis en place le forfait mobilités durables, ou le lui suggérer ;
  • combiner covoiturage et vélo ou train pour les jours où aucun passager ne se présente.

Les conducteurs qui roulent en voiture électrique ou partent vers les stations en hiver trouvent aussi des passagers plus facilement sur les trajets longs du week-end, même sans aide financière. La régularité et la confiance valent souvent plus qu'une prime ponctuelle.

FAQ sur la prime covoiturage

La prime covoiturage existe-t-elle encore en 2026 ?
Le versement national de 100 € a pris fin au 1er janvier 2025 selon le ministère de la Transition écologique. Des bonus commerciaux ou locaux peuvent exister, à vérifier sur chaque plateforme et auprès des collectivités.
Un passager pouvait-il toucher la prime ?
Non, l'aide publique était réservée au conducteur. Certaines applications ont proposé des offres aux passagers, mais elles relevaient de leur politique commerciale.
Peut-on cumuler la prime et le forfait mobilités durables ?
Les deux dispositifs étaient distincts : la prime venait de la plateforme, le forfait de l'employeur. Un salarié pouvait donc percevoir les deux.
Faut-il déclarer la prime aux impôts ?
La prime était présentée comme une aide ponctuelle liée à un programme CEE. Pour une question sur une situation particulière, le service des impôts reste l'interlocuteur à consulter.

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