Une aire de covoiturage est un parking aménagé et signalé où l'on laisse sa voiture le temps d'un trajet partagé. La base nationale en recense quatre dans le département, toutes sur l'A51, pour un nombre total de 169 places. Ailleurs, trouver un point de rendez-vous à proximité tient aux parkings de village.
L'essentiel
- Quatre aires aménagées où conducteurs et passagers se retrouvent, signalées par un panneau routier, toutes sur l'A51 : Manosque (75 places), Peyruis (50), Sisteron Nord (44) et Volx.
- Les trois aires de la Durance sont éclairées, ouvertes en continu sans horaires de fermeture, avec places réservées aux personnes à mobilité réduite et arrêt de transport collectif.
- Au delà, la carte nationale permet de trouver 84 lieux de covoiturage sur 45 communes du département : ce réseau du quotidien tient aux parkings de village et aux points d'auto-stop.
- Aucun service de gardiennage n'y est assuré et aucune durée maximale de stationnement n'est déclarée : au delà de sept jours, le code de la route considère le véhicule comme en stationnement abusif.
Quatre aires aménagées, toutes le long de l'A51
Les aires de covoiturage du département se comptent sur les doigts d'une main, et elles suivent toutes le même axe : l'autoroute A51, qui descend la vallée de la Durance vers Aix-en-Provence et Marseille. C'est là que se concentrent les trajets pendulaires vers les bassins d'emploi du sud, et nos conseils pour réussir un trajet partagé valent d'abord pour cette route. Voici ce que déclare la base nationale pour chacune.
| Commune | Accès | Nombre de places | Dont places PMR |
|---|---|---|---|
| Manosque | A51, sortie 18 | 75 | 5 |
| Peyruis | A51, sortie 20 | 50 | 3 |
| Sisteron | A51, échangeur 23 (Sisteron Nord) | 44 | 2 |
| Volx | A51 | non renseigné | non renseigné |
Un détail mérite d'être signalé, parce qu'il fausse tous les comptages automatiques : Sisteron Nord figure deux fois dans la base, déclarée une première fois par la communauté de communes du Sisteronais-Buëch et une seconde par la société d'autoroute. Il s'agit bien du même parking de covoiturage, avec le même nombre de places. Un service qui additionne les lignes annonce donc cinq aires et 213 places là où il y en a quatre et 169.
Volx, de son côté, a été recensée en 2019 et n'a jamais reçu de comptage de places. Sa fiche est la plus ancienne des quatre, les trois autres ayant été mises à jour en mars 2026.
Comment reconnaître une aire de covoiturage ?
Le panneau de signalisation routière est le même partout en France : un fond bleu avec deux voitures et le mot covoiturage. Sur les trois sites de la vallée de la Durance, il est doublé d'un marquage au sol réservant les emplacements. En pratique, une aire officielle se distingue d'un parking ordinaire à trois choses : elle est signalée depuis la route, elle est éclairée, et ses places réservées aux personnes à mobilité réduite sont matérialisées.
Ce que l'on trouve sur ces aires, et ce qui manque encore
La base nationale détaille les services de chaque site, et les trois aires gérées par la société d'autoroute sont bien équipées pour du stationnement quotidien : dépose-minute, places deux-roues, places réservées aux personnes à mobilité réduite, abris, station vélo et arrêt de transport collectif. Manosque ajoute des ombrières, seule aire du département à en disposer. Toutes les trois sont éclairées et déclarées ouvertes en continu.
Deux absences se remarquent. La base ne renseigne aucun point de recharge sur ces aires : le covoiturage et les bornes de recharge sont suivis dans des jeux de données séparés, et le sujet des trajets en voiture électrique dans le 04 se traite à part. Et aucune de ces aires n'est située à l'est du département : entre Digne-les-Bains et la vallée de l'Ubaye, il n'existe aujourd'hui aucun parking de covoiturage aménagé au sens de la base.
Ces aires ferment-elles la nuit ?
Non. Les trois aires de la Durance sont déclarées ouvertes vingt-quatre heures sur vingt-quatre, sans horaires de fermeture. C'est une différence nette avec un parking de centre ville, dont les horaires varient et qui peut être fermé la nuit. Pour un départ à cinq heures du matin vers Aix-en-Provence ou Marseille, c'est ce qui rend ces aires utilisables là où un parking souterrain ne l'est pas.
Laisser sa voiture plusieurs jours : ce que dit la règle
C'est la question que se pose tout covoitureur qui part pour un week-end ou une semaine, et la réponse n'est ni tout à fait oui ni tout à fait non. Aucune des quatre fiches ne déclare de durée maximale de stationnement. Cette absence n'est pas une autorisation : c'est simplement une information qui n'a pas été renseignée.
Sur les parkings communaux, la règle générale du code de la route s'applique. Son article R417-12 considère comme abusif le stationnement ininterrompu d'un véhicule au même endroit pendant plus de sept jours, et ouvre la voie à une mise en fourrière. Sept jours est donc le repère à garder en tête : cela suffit pour un aller-retour de vacances, pas pour un mois d'absence. Sur les aires gérées par un concessionnaire d'autoroute, c'est le règlement de l'exploitant qui fixe la limite, et la base nationale n'en publie aucune.
En pratique, trois précautions évitent la mauvaise surprise : prévenir la mairie ou l'exploitant pour une absence longue, ne rien laisser de visible dans l'habitacle, et se garer sur une place ordinaire plutôt que sur un emplacement réservé aux personnes à mobilité réduite, qui reste utile à d'autres pendant tout le temps du trajet.
Les parkings de village, l'autre moitié du réseau
Les quatre aires aménagées ne racontent qu'une partie de l'histoire. Le département a fait remonter dans la base nationale vingt-deux parkings supplémentaires, qui ne portent pas la signalisation covoiturage mais servent de points de rendez-vous depuis longtemps. Ce sont des places de mairie, des parkings de salle des fêtes, des entrées de village : la place de la mairie à Aiglun, l'allée des Pins à Barcelonnette, le parking de la salle polyvalente à Valensole, le parking du cimetière à Barrême, l'aire de loisirs à Volonne, le parking du stade à Turriers, l'esplanade Jean Moulin à Mallemoisson.
Le maillage suit la géographie du département plutôt que les grands axes. On y trouve Le Brusquet, Estoublon, Thoard, Curel, Limans, Mirabeau, Bras-d'Asse, Faucon-de-Barcelonnette, Les Thuiles ou encore Uvernet-Fours, commune qui en déclare deux. Ces parkings n'offrent aucun service particulier, mais ils sont gratuits, connus des habitants, et souvent mieux placés qu'une aire autoroutière pour un trajet qui ne passe pas par la Durance, vers les stations de la vallée par exemple.
Les points d'auto-stop du Sisteronais et de l'Ubaye
Reste la partie la plus méconnue du réseau : cinquante-sept points d'auto-stop organisé sont recensés dans le département, déclarés par une association qui balise des arrêts identifiés le long des routes départementales. Ce ne sont pas des aires au sens strict, puisqu'on n'y laisse pas sa voiture, mais des points de rencontre entre un automobiliste de passage et un piéton.
Sisteron en concentre à elle seule seize, dont plusieurs indiquent la direction : rond-point de l'Europe vers Gap, vers Mison ou vers le centre, stade de rugby vers La Motte-du-Caire, quartier de La Baume vers Volonne ou vers Saint-Geniez. Le reste se répartit sur les communes du Sisteronais et de l'Ubaye : Curbans en compte cinq, Claret cinq, Pontis quatre, Venterol trois. C'est un maillage fin, pensé pour des villages où aucun transport en commun régulier ne passe.
Y a-t-il un point de rendez-vous près de chez moi ?
Dans le 04, la réponse est oui pour 45 communes. La couverture reste donc partielle, et elle est très inégale : dense autour de Sisteron et dans l'Ubaye, quasi inexistante dans le Verdon et sur le plateau de Valensole. Si aucun lieu n'est référencé à proximité, le point de rendez-vous se convient de gré à gré, et une annonce bien rédigée vaut mieux qu'une adresse approximative.
Comment on utilise une aire, concrètement
Le fonctionnement tient en peu de choses, et c'est ce qui explique le succès de ces emplacements auprès des habitués. Le passager rejoint l'aire par ses propres moyens ou s'y fait déposer, le conducteur s'y arrête quelques minutes sans quitter son itinéraire, et les deux repartent ensemble. Le dépose-minute des trois aires de la Durance est prévu pour cela : il évite d'occuper une place de stationnement pour un arrêt de deux minutes.
Le rendez-vous se fixe en amont, sur une application ou une plateforme de mise en relation, en indiquant le nom exact de l'aire et le côté où l'on se gare. C'est le mode d'organisation le plus rapide, et le plus sûr moyen d'éviter les cinq minutes perdues à se chercher sur un parking de soixante-quinze places. Sur les grandes aires, préciser un repère visible, le panneau d'entrée ou l'abri, vaut mieux qu'une simple heure.
Faut-il réserver sa place à l'avance ?
Non, aucune des quatre aires du département ne fonctionne sur réservation. Les places sont disponibles en libre accès, dans la limite du nombre déclaré, et rien ne garantit d'en trouver une un matin de semaine. Sur les sites les plus fréquentés, la seule option consiste à partir un peu plus tôt ou à se rabattre sur un parking de village voisin.
Trouver l'aire la plus proche
Toutes les données citées ici viennent de la base nationale consolidée des lieux de covoiturage, publiée en données ouvertes par le ministère chargé des transports sur transport.data.gouv.fr et mise à jour le 5 septembre 2026. Elle recense 14 245 lieux de covoiturage en France, avec pour chacun sa localisation, son nombre de places et ses services.
C'est cette base que reprennent la plupart des cartes des aires que l'on trouve en ligne, y compris la carte interactive des grandes plateformes. Les consulter revient donc à lire la même source, avec le décalage de mise à jour en plus. Pour le département, la carte la plus fiable reste celle du conseil départemental, qui est aussi l'un des déclarants.
Un dernier réflexe évite bien des détours : vérifier que l'aire choisie se trouve sur le trajet et non à côté. Une aire située à dix minutes en sens inverse annule une bonne part du bénéfice, surtout au départ de Manosque ou de Forcalquier, où plusieurs options se présentent.
Ce que le partage change sur un trajet quotidien
Dans un département rural, l'intérêt d'une aire ne tient pas au confort du parking mais au fait qu'elle rend le partage possible. Le prix du carburant se divise par le nombre d'occupants, l'usure du véhicule aussi, et le stationnement à l'arrivée cesse d'être un problème individuel. L'avantage économique est immédiat et mesurable ; l'avantage écologique, lui, se joue sur le nombre de voitures qui ne prennent pas la route, et la convivialité du trajet finit souvent par peser autant que les deux autres dans la décision de continuer. Sur un trajet quotidien vers le sud, le calcul se fait vite : notre page sur le calcul du prix d'un covoiturage détaille le barème à appliquer pour rester dans le cadre du partage des frais.
L'autre effet est moins visible. Là où les transports en commun sont rares, une aire signalée et éclairée crée un point fixe autour duquel des habitudes se prennent : les mêmes voitures, les mêmes horaires, les mêmes personnes. C'est ce qui distingue une aire utilisée d'une aire désertée, et cela tient moins au nombre de places qu'à sa situation sur la route.













